jeudi 1 décembre 2011

O comme Opéra

Moi qui suis vaguement claustrophobe, qui dégage de telles ondes négatives face à la téloche qu'elle s'arrête net,  j'ai pourtant une passion pour l'Opéra.

Ne me demandez pas d'où cela vient, je n'en sais rien; à part peut-être d'un grand-père maternel fou d'art lyrique, dont le rêve de sa vie était de pouvoir diriger un orchestre...
J'aime à penser que c'est de lui que je tiens ce goût pour  la musique classique en général...


Comment expliquer l'Opéra?
Non, ce n'est pas qu'une grosse dame qui n'en finit pas de mourir en chantant, après avoir crié hurlé bramé pendant deux heures.
C'est un vrai spectacle, prenant et qui vous transporte ailleurs, le temps d'une représentation. Avec émotions, amour, aventures, suspense, et coup de théâtre (mais pas toujours) et qui finit souvent mâââl, surtout pour l'héroïne. OUh que c'est triste (mais sinon, ce n'est pas du vrai nopéra, ça compte pas! Voilà pourquoi je n’aime pas ceux de Mozart. Snob, va!)


Difficulté supplémentaire, tout est chanté: ça limité sévèrement les dialogues explicatifs!   Mais, tout de même, pour introduire du rythme et de la diversité, on a recours aux chœurs, grands "standards" de l'opéra. Ca donne de l'allant et de la majesté au spectacle. Comment arriver à faire bouger et chanter tout ce monde sans cacher les personnages principaux, est une gageure pour les metteurs en scène.
Ah si vous n'avez jamais vu un embouteillage sur scène, tentez donc la  Scène du Couronnement de l'Aïda aux Chorégies d'Orange; grandiose!

Et puis, qui dit opéra, dit langage incompréhensible.

Les 3 langues les plus utilisées sont l'italien, le français, et l'allemand.
A priori, on se dit qu'un opéra chanté en français sera intelligible, les chanteurs se donnent énormément de mal pour ce faire...
(il me souvient avoir vu un reportage où Karajan en répétition disait à la cantatrice; "articule, articule, on ne comprends pas très bien, et au prix qu'ont payé les spectateurs, il faut qu'ils entendent parfaitement"- je ne garantis pas l'exactitude du propos, mais c'était bien l'idée) Et en répétition, tout ce petit monde cause en trois langues simultanément, passant de l'italien à l'anglais puis à l'allemand, un peu comme ça vient,  sachant que les termes techniques sont italiens, les émotions s'expriment en allemand et pour le reste, c'est en anglais!
En fait leur langage commun est la musique et tout le reste n'est que construction et interprétation autour...
je vous assure que c'est rigolo.....


Concrètement, pour le spectateur lambda, passionné mais pas polyglotte, lui? Eh bien, c'est simple, il ne comprend pas grand chose...................
Heureusement qu'on a inventé le sur-titrage, qui permet de comprendre!
J'ai pourtant essayé de suivre avec un livret, mais il faut bien reconnaitre que c'est plus difficile qu'il n'y parait.(ou alors je suis plus sourde qu'il n'y parait!)
Même si les chanteurs ont une diction parfaite, ils ont quelque fois du mal -essayez donc de faire chanter U à quelqu'un qui n'a jamais prononcé autrement que OU....-
Et on ne chante pas comme on parle, les paroles suivent les accords musicaux, ce qui conduit quelquefois à des liaisons ou des coupures hasardeuses; et enfin, la musique prend quelquefois le pas sur les paroles...
Démonstration: (de tête)(du seul opéra que je connaisse suffisamment par cœur pour le citer)

Violons qui chantent lalalala, "la-fleur-que-tou-m'avais-jetéhéhéheuuuuu" reviolons.-dan-ma-prison-m'était-restéhéhéheuuuu" et là déferlement de l'orchestre.....
La suite est noyée -en rythme, hein!-, au dernier tourbillon, oups le revoilà..".jé-mé-prenais-à-té-maudire" et petit solo de flûte cuicuicui.......
(la je suis sensée vous mettre une vidéo)
Je vous signale que vous venez de rigoler sur une déclaration d'amour! 

Alors, qu'est ce qui plait tant dans ce spectacle?
 ON passe trois heures hors du temps dans un roman auquel on participe, trois heures de musique merveilleuse et de chants magnifiques.
D'ailleurs le spectateur ne s'y trompe pas, qui guette avec impatience  "LE" grand air et applaudit à tout rompre à la fin de chaque duo/aria exécuté avec maestria.

C'est tout l'art du compositeur que de faire passer des émotions  par le biais de sa musique,et c'est toute la qualité et le charisme des chanteurs que de faire vibrer les personnages qu'ils incarnent.Impossible de passer sous silence les à-côtés qui font la réussite du spectacle; les costumes, les  jeux de lumière ,  les choeurs qui font le volume et donnent du corps à un opéra.

C'est tout cet ensemble qui fait que lorsque les trois coups résonnent, et que le rideau se lève dans cette atmosphère très particulière un peu ouatée (fait chaud la dedans!) sonore, un peu excitée - ça commence, chuuut chuut-on se sent transporté et emporté, on se laisse prendre à cette magie.....

Et vraiment ça  vaut le coup!


Filo

2 commentaires:

  1. J'emmène mes enfants à l'opéra (spectacles pour scolaires), et je suis toujours surprise de voir comme ils sont captivés par ce qui se passe sur la scène.
    Sinon, je les projette en grand écran à la maison, avec les sous-titres, et les enfants aiment également beaucoup.
    Je vais essayer de trouver Hänsel et Gretel pour Noël. Merci, grâce à toi j'ai eu une idée !!!

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  2. @Alphonsine: C'est une belle initiative! C'est vrai que c'est passionnant et tes enfants ont de la chance de pouvoir découvrir cet art, grâce à toi!

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