vendredi 17 février 2012

...que jeunesse se passe

"Tanguy"  était un phénomène qui m'avait bien fait rire à l'époque, tant je croyais la chose déformée. Persuadée que "moi, jâmais-jâmais-mes enfant ne feront une chose pareille!" (mouarf)

Mais après discussions avec copines, flanquées elles aussi d'enfants de la même génération, force est de constater que le tanguisme  s'installe, perdure et s'aggrave.....

A 25 ans passés voire 27,32, nos enfants comptent encore sur leurs parents pour les dépanner, les dépatouiller, leur avancer l'argent qu'ils n'ont pas encore gagné -ben quoi, j'ai Besoin de vivre moimaman!-

D'accord, et heureusement, tous en sont pas ainsi, et la plupart de nos rejetons savent se prendre en charge et s'assumer.
Mais là, je parle de celui qui
-a changé de voiture depuis un an presque mais n'a toujours pas changé de carte grise....
-fait un stage-rémunéré!- mais a besoin de Tous SES sous pour s'amuser le oucaine et aller au ski, mais surement pas pour payer son loyer.....
-celle dont le  mari est au chômage et qui emprunte à ses parents, mais pour payer les vacances à la mer...
-ceux qui faisant construire, ne sauraient rentrer dans leur nouvelle maison qui n'ait sa cuisine aménagée, même si c'est hors budget...
-celui qui, permis en poche (payé par qui?) a Besoin d'une voiture, et neuve, n'est-ce pas, pas un tacot!
-celle qui cherche un travail qui lui plaise, et refuse tout autre fut-ce alimentaire, pas assez bien pour elle....
-celui qui par négligence laisse s'accumuler les amendes jusqu'à être convoqué au Tribunal, et que ce soient les parents -surprise!- qui découvrent l'ampleur des dégâts.....



(Carte grise et Tribunal, c'est chez moi)
J'en rigole -jaune-, parce qu'en effet, de confidence en confidence, je m'aperçois que je ne suis pas la seule à essuyer ce genre de galères; qui nous minent, et contre  lesquels nous nous sentons souvent démunis.
Car enfin voilà des adultes, qui sont censés être capable de prendre en main leur vie, savoir quelles décisions prendre, censés avoir suffisamment de jugeote pour ce faire et être indépendants autant financièrement que moralement.
Ben raté!
Nous voilà avec sur les bras, des bébés -égoïstes, comme les petits , à qui tout est dû, et qui ne comprennent sincèrement pas où est  le problème!
On a vraiment l'impression que pour eux les parents sont là pour les aider les dépanner, qu'ils ont tout le nécessaire et qu'il est normal qu'ils paient .....

Et comme nous ne rentrons plus dans le cadre de l'éducation, il s'avère beaucoup plus difficile de gouverner;
S'il est toujours normal de dire à son Seizans "Tu fais ce que je te dis et j'exige que...." (au hasard: tu ne sèches pas les cours/tu sois à l'heure au repas/ tu préviennes quand tu t'absente- liste non exhaustive-) il est bien plus difficile de parler ainsi au même 10 ans plus tard.......
S'il "prend la mouche" il claque la porte et s'en va  se plaindre de ses vieux,  chez ses potes qui en ont autant à raconter, c'te blague!....
Gagnant plus ou moins bien sa vie (ou pas), détenteur d'un permis et d'une voiture, ma foi, vive l'indépendance et la vie à l'hôtel familial....

Et quand on voit son gamin se payer  des ouicaines au ski et des télé écran-géant, et des consoles de jeu la-dernière-sortie (ne rayer aucune mention), alors qu'on sait qu'il n' a plus un radis en poche, et qu'il a "tout ça et même plus" de dettes et factures en souffrance, on s'agace.
On se souvient qu'à son âge, même si nous avions bien envie de partir en vacances,il n'était pas plus question de faire des dettes que d'emprunter à nos parents à nous, et on restait à la maison sans en faire une maladie!

Par moment, notre dose de patience et de compréhension s'évanouit totalement.
On n'a même plus envie de faire l'effort de communiquer avec le post-ado "rebelle" , et la vie au quotidien s'en ressent forcément; bonjour les ambiances familiales pourries, les engueulades et les repas chacun son tour....
(Ouaip strocoul la vie de famille)

Alors que faire? Jeter dehors le fantaisiste pour lui apprendre la vie?
C'est pas l'envie qui en manque quelquefois! Mais, honnêtement,  vous feriez ça, vous?
Hé non bien sûr!

Alors on rechausse son casque bleu et on repart en négociation... et puis on raconte sa vie aux copines, qui compatissent, hein, elles ont le même modèle avec juste des options différentes, ça permet de comparer les points communs "ah tiens c'est ton n°3, comme moi!" et les points divergents "ah non pas de console chez moi, mais..."

"Il faut bien que jeunesse se passe" !

4 commentaires:

  1. Oui je pense qu'on vit dans une société d'hyperconsommation, et si on n'a pas tout ce que tu cites ben on a l'impression qu'on n'existe pas...

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  2. C'est ce qui m'agace le plus, même si je ne suis pas concernée par les Tanguy, cette absolue nécessité de tout avoir même si on n'a pas les moyens de payer: vacances à la neige (hors de prix); console de jeux; écran géant; voiture neuve... et le ciné et le resto et les sorties en boites....
    Et apprendre à se priver? A économiser pour avoir ce qu'on veut mais plus tard?....
    Cependant, je me répète, je n'ai pas connu ça avec mes propres enfants, donc..........................

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  3. la mienne préfère manger des pâtes et ne pas se priver de faire les magasins...j'ai du mal à comprendre .....mais bon elle s'assume enfin presque sauf quand, enfin tu vois de quoi je veux parler.
    Il parait qu'à force de me voir serrer la ceinture cela lui a fait prendre conscience oui, oui conscience qu'elle se priverait de rien.
    Que dire.

    FM

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  4. @LaFéeduLac: oui tout à fait, c'est l'ère de la société de sur-consommation

    @MamyS: beh oui les privations c'est plus de mode!Rejet total du mode de vie parental, on dirait...

    @Lilou: Ne pas se priver, c'est dans l'air du temps.....FM

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