jeudi 21 mars 2013

Du ménage comme thérapie

 Ah le ménage, LA corvée incontournable , celle qu'on procrastine joyeusement, j'ai pas l'temps/j'ai aut'chose de plus urgent sur le feu/j'ai pas (jamais!) les bons outils....

Et j'avoue sans honte, que j'ai même gardé pour sol de ma cuisine un improbable granito authentique des années 50, pas moche, mais pas magnifique  non plus, juste pour une seule raison:
ces mouchetures noires marrons jaunes rouille masquent habilement la crasse du sol.... quand une miette tombe, pouf elle disparait dans le décor! Magique, non?
Evidemment, quand je me décide à promener le balai je suis un peu horrifiée....


Bien. Me voilà bloquée pour la semaine chez mon père là-haut dans ses montagnes enneigées...
Aujourd'hui jour d'opération enfin décidée pour lui  (enfin,ils ont reçu le "matériel", ouf!)

Cette fois, j'ai décidé que non, je ne précipiterai pas à l'hôpital dès midi, suivant les pressions familiales qui attendent (anxieusement, certes) le verdict.
D'abord, l'intervention est prévue dans l'après-midi, et ça va prendre un certain temps....
Et surtout, (je crois en avoir déjà parlé), l'hôpital m'angoisse violemment.
C'est à dire, le coeur qui bat, la mine blanche, les larmes qui coulent, et tout le tintouin...
Ridicule, je suis d'accord; malheureusement, incontrôlable...
L'hôpital me fait peur, là c'est dit!

Certes, si j'en parle autour de moi dans la conversation, on veut bien compatir; mais dès qu'il faut agir, tout le monde oublie complètement ce que ça me coûte de stress , d'angoisses, d'inquiétudes, de malaises.....


Mais, -vive l'expérience -, le film a déjà été joué en septembre, je ne vais pas me laisser faire!
Aux coups de fils qui se succèdent, je réponds que non, pas encore de nouvelles, que non je ne suis pas encore à l'hôpital, et que l'intervention étant prévue dans l'après-midi, je ne déplacerai pas avant que les infirmières m'appellent (pieux mensonge, elles ont un peu autre chose à faire)
Et que de-toute-façon-dès-que-j'ai-du-nouveau-j'appelle. (ouf)


N'empêche que mon "moi intérieur" commence à s'agiter aussi, ce n'est pas parce que je suis loin de l'hôpital que je n'y pense pas....
Que faire que faire? Aller se promener? Non pas question de s'éloigner du téléphone (bah non dans la montagne ça ne passe pas!)
Broder, lire? Franchement, je n'ai pas la tête à cette détente......

Ne reste  que

LE MENAGE!

 Et c'est parti pour la corvée lourde:
le placard des draps (où les souris ont fait des ravages, ça pue ça pue!)
Allez, on vide tout, on aspire, on lessive, on javellise, on y met de l'HE d'Eucalyptus.....
On trie les draps -draps plat une personne, draps plat 2 personnes, drap-housse 1 personne, 2 personnes, 1 personne 1/2 (? dimension bizarre)
ON range bien par pile au carré, tout à la dimension des étagères -ça c'est la classe!- et on souffle!
 J'y ai passé presque 3 heures: c'est très long, le petit cirque de déplier-le drap-le mesurer-le replier dans la bonne dimension!

Ensuite?
Ah la cuisine..... Mêmes causes, mêmes effets...
Placards à vider, à trier, à nettoyer, à re-ranger, et nettoyage en détail des portes de placards qui n'avaient pas vu ça depuis.... de longues années!

Vous pouvez imaginer ce que ça peut donner comme chantier! L'aspi au milieu, toutes les portes de placard plus ou moins ouvertes, du linge et de la vaisselle posés  partout en vrac, sur la table, sur le comptoir, sur les chaises, en piles, instables bien sûr, le seau de lessive (qui est un immense seau à vendange) les balais, des chiffons, le pschitt magique accroché à une porte, tout ça éparpillé, bref, c'est un beau désordre!
Et la Filo au milieu, échevelée, gantée de rôzzze, en tablier bleu de cuisine trop grand, anti-sexy au possible.

Je m'aperçois subitement qu'à force de m'agiter ainsi, les heures ont passé  sans que je cogite, et qu'il est déjà 18 heures. Le temps de ranger, de me débarbouiller,  de remettre du bois dans le feu, et vroum jusqu'à  l'hôpital.
Où j'arriverais en même temps que  papa, qu'on remonte juste à ce moment de la salle de réveil.
Ce qu'on appelle un timing parfait!

Je ne resterai que 5 ou 6 minutes à son chevet (il est encore dans le cirage) et encore une grosse demi-heure pour distribuer les coups de fils -comme promis- aux uns et aux autres, avant de rentrer (encore une heure de route, et dans la nuit au milieu des gorges, ça j'aime pas!) (la falaise à gauche, le ravin à droite avec la rivière au fond, pardon le torrent furieux, et les gros fous du volants qui collent au train, plus vite plus vite!)


Pas de quoi s'étonner si je me suis couchée, vannée, lessivée, épuisée!
Mais tellement soulagée pour mon père!


Filo














4 commentaires:

  1. Je suis comme toi, en cas de grosse angoisse, je n'arrive à me dépasser que dans le gros travail manuel sans réflexion... ou dans un grand travail intellectuel qui me prend toutes mes pensées.
    Ouf, tout s'est bien passé, et ton père sera ravi de retrouver une maison étincelante ! Bravo pour ton énergie !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, tout à fait! L'avantage du gros ménage c'est que ça réchauffe -fait pas bien chaud là-haut!- et qu'au moins, ensuite on voit vraiment la différence!
      Mais bon, lui n'est pas encore prêt de rentrer chez lui!

      Supprimer
  2. Réponses
    1. Pfff, tu l'as dit! ;) Mais belle satisfaction quand même à la fin de la journée! (et je ne recommence pas de sitôt, non non non!)

      Supprimer