lundi 11 août 2014

Au vert en Provence

Je prends le temps de publier quelques clichés de ces quelques jours passés au vert en Provence; oui vous pouvez être aussi étonnée que je le suis, le mauvais temps (ou tout au moins l'été plutôt humide et maussade) ont laissé la Provence plus verte que ce à quoi on est habitué en plein mois d'août.

Un jour et demi de recherches au pied levé  m'aura suffi pour dénicher un gîte qui accepte de nous loger pendant 2 nuitées,  dans les Alpes de Haute-Provence, région touristique, certes, mais pas autant que le Vaucluse voisin.

Direction Forcalquier donc,  avec arrêt à Manosque pour se fournir en parfumerie à ...
L'Occitane, bien sûr, dont l'usine se trouve juste en sortie d'autoroute.
Des années que je parcours cette route, mais jamais je n'ai eu le temps ou la possibilité de m'y arrêter, soit je suis trop pressée d'arriver/repartir,  soit je suis accompagnée  et pas envie d'imposer ce détour.
Mais avec ma fille, ha ha, enfin des trucs de fille à faire entre filles !
On n'a pas pu visiter l'usine, dommage, ce sera l'occasion d'y revenir.
Le petit musée qui accompagne la boutique est anecdotique et bâti à la gloire de l'Occitane (charité bien ordonnée...)
un alambic portatif(?) enfin mobile plutôt. La grande affaire ici c'est la lavande, qu'on ramasse, et qu'on distille. D'où alambic et ses cuveaux de cuivre qu'on retrouve dans d'autres musées, voire en plein air.
Comme décoration de salon, ce serait encombrant mais d'un cachet certain!

Je ne vais pas vous infliger tout le tour, je n'ai retenu qu'une jolie collection de flacons anciens aux étiquettes d'un charme suranné:



Ensuite, accès obligé à la boutique hum hum...


De la crème pour les mains en (petit) stock. Ca me plait beaucoup, moi qui en consomme des litres, je vais dire au chéri qu'il nous bricole un tel lustre!


Arrivées enfin au mas Foulara,  perdu dans les collines, avec le téléphone quasi inexistant, quant à la connexion, on n'en parle même pas!
Pour 2/3 jours, on a fait avec (ou plutôt... sans) . Mais c'est compensé par la beauté du site et l'accueil des hôtes.
Bon on oublie le parquet grinçant crouic crouiiic impossible de se déplacer sans réveiller bébé, on passe sur le petit déjeuner servi pas avant 8h1/2 le matin -je me suis déjà auto-digéré!, l’inexistence de prises électriques dans la salle de bain, et on se souvient surtout du petit déjeuner copieux servi en terrasse,  de la grande pelouse devant la porte d'entrée plantée de 2 gigantesques platanes et 1 magnifique tilleul qui forment une ombre légère et rafraichissante, dans un cadre champêtre à souhait.
Ici on vient pour le calme, la fraîcheur, et les balades.

Le lendemain, visite de FOrcalquier avec l'incontournable citadelle:
vue de la rue sur une délicieuse cour
 On commence par flâner dans les rues (vite encombrées: 1 voiture= passage bloqué pour tous, y compris piéton...)
Ensuite on prend nonchalamment le chemin étiqueté "citadelle" et on photographie des petits coins pittoresques charmants

On s'amuse à immortaliser une pierre gravée, vestige historique... (histoire de jouer au touriste cultivé)
 Et on se retrouve sans y prendre garde sur une calade pentue  -en plein soleil, bien entendu- avec une poussette et un bébé à trimballer!
Nous prendrons finalement le parti de porter la poussette avec le bébé dedans, et suant soufflant et transpirant nous finirons par arriver en haut, oufffff!
ça vaut le coup d'oeil,non?

LE fameux monument
détail de la porte d'entrée

et une station du chemin de croix pas du tout du même style!
 J'ai cherché sur ouiki et ailleurs des détails sur ce monument que je trouve kitschissime, du genre néo-gothique du 19eme siècle,  mais je n'ai rien lu de concluant. (je m'excuse donc par avance auprès des forcalquérains pour mon ignorance)



Mais ça valait vraiment le coup de grimper là-haut!

Ensuite, pour se rafraichir, visite du moulin à huile.
Je ne le pensais pas, mais j'ai tout de même appris quelques détails intéressants. (bah oui quoi les moulins, TOUT le monde sait comment ça fonctionne, non?)(non)

Il s'agit donc d'un moulin dit "à sang", non parce qu'on y suait sang et eau pour le faire tourner (encore que) , mais pour classifier son mode d'énergie:
-moulin à vent, si cher aux hollandais qui en parsèment leurs champs de tulipes
-moulin à eau, avec sa roue moussue, tellement romantique et pittoresque
- moulin à sang=> c'est l'animal qui fait tourner les meules. Et avant qu'on pense à y loger l'âne Martin, c'était à force d'hommes, qui venaient là se mettre au chaud et ayant de quoi manger tous les jours, pour le prix d'un travail pénible mais sûr.

Les 2 meules verticales tournent en rond (propulsées donc par l'animal-à-sang-chaud-qui-tourne-en-rond) et  écrasent écrabouillent les olives.
Ensuite on récupère la pâte ainsi obtenue et on la met dans des paniers plats appelés "scourtin". On empile les scourtins les uns sur les autres.
Et hop à la presse!



Comme le but de la manœuvre est d'exprimer toute l'huile des olives, il faut presser fort; d'où l'utilité (l'indispensabilité même) du cabestan.
Il existait tout un système de cordage et poulies,( non le cabestan ne tourne pas dans le vide pour faire joli), mais pas reconstitué, il faut se contenter d'imaginer le bidule.

La technique a peu changé, sauf que les presses actuelles sont hydrauliques ou pneumatiques et pressent beaucoup beaucoup plus fort.

Il faut entre 6 à 8 kilos d'olives pour faire un litre d'huile, ah oui quand même (le seul fruit "intéressant" du point de vue rendement est le raisin qui fait presque du 1 pour 1: 1,2 kg de raisin pour 1 litre de jus.....)

Et ensuite? Non ce n'est pas fini.
Les hommes d'autrefois qui n'avaient pas nos techniques, avaient d'autres ressources:
la pâte qui reste dans les scourtins était versée dans de grands chaudrons et chauffée. L'intérêt de la chose? Extraire ce qui restait d'huile.

le chaudron de potion magique

J'ai raté la photo du foyer (on le voit un peu aussi derrière le cabestan.)
Cette huile, bien entendu, n'était pas consommable(vous assaisonnez la salade avec l'huile de friture déjà usée, vous?)  mais servait d'éclairage. Eh oui, les fameuses lampes à huiles, si chères aux archéologues,  c'est avec ce produit-là qu'on les chargeait.
(savoir comment ça éclairait, c'est ce que l'histoire ne dit pas)

Ce qui est extraordinaire, c'est que ce moulin ait traversé les siècles sans être démoli. IL s'agit d'un bâti dans les murs, et c'est l'actuel propriétaire, déblayant la cave, qui a eu la surprise de découvrir tout le bazar, enterré sous de respectables couches de gravats centenaires.

Il y faisait délicieusement frais, dans son antre,  surtout au midi, après avoir pris cette belle suée dans la montée, et comme le monsieur racontait l'histoire de son moulin d'un voix très douce, notre petit bébé s'est très sagement endormie!

Une ravissante petite place


 Après avoir mangé, et fait manger bébé, qui a avalé son petit pot indus presque froid sans sourciller -cette enfant est vraiment facile à vivre!- direction la cathédrale.
=> les bâtiments frais (musées/églises...) se visitent au plus fort de la chaleur, pardi!
Co-cathédrale Notre-Dame du Bourguet
Assez spectaculaire dans son genre,  qui date du 13ème siècle.
C'est parait-il un des premiers essais d'introduction d'art gothique dans l'architecture provençale décidément romane.
ouiki m'apprend que l'évêque était en délicatesse avec son chapitre d'où l'idée de la "cocathédrale"; ce genre de petit détail plus parlant qu'un discours sur les caractères des uns et des autres m'amuse toujours


de l'impossibilité de prendre un pourtant fort beau vitrail à contre-jour

Nous avions ensuite en projet de visiter le château de Sauvan.

Mais ça ne se fait pas comme ça: le château n'ouvre qu'à 15h30 (et encore,  tous les jours en été, seulement le dimanche en hiver)
Le p'tit bébé, pour sage et gentil qu'il soit, en avait plein les bottes (ou plutôt, plein la poussette!) et il nous fallait encore une petite heure de route avant de retrouver notre gîte.
Nous avons sagement décidé de rentrer, quoiqu'un peu déçues.
Après tout comme a fait remarquer ma fille, depuis le temps qu'il est là, il ne va pas s'envoler comme ça, ce château!














1 commentaire:

  1. j'adore Forcalquier. Ma meilleure maie y est éleveuse de cochons, tu l'auras peut-être croisée sur le marché. C'est un coin dépaysant et ressourçant.

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