lundi 5 janvier 2015

La dernière couture de l'année

A votre avis?

Une jupette chiquette pour aller danser?
Un tiche doudou pour buller au coin du feu?
Un p'tit manteau pour p'tit bébé remuant?

Pas du tout!
Un raccommodage express sur pantalon de travail -neuf-.

 Mon jardinier de fiston se fait une joie(?) de malmener ses pantalons, qu'il use et déchire jusqu'à la trame; je les retape et ravaude comme je peux à l'aide de grands renforts intérieur/extérieur, histoire de solidifier le bazar en le sécurisant le plus possible.
Ca donne des résultats de ce genre:
avant

après
 (Je vous passe les détails techniques, sachez que ledit pantalon avait pris du poids et perdu de l'aisance dans l'opération, mais bon, à défaut d'être  élégant, il était solidement cousu et surtout ne risquait plus le déchirage intempestif.)


Nouveau travail,  et exigences de sécurité plus élevées.
Voilà donc fiston équipé d'un vrai pantalon de bucheron, (pardon d'élagueur) dénommé pantalon "anti-coupures".
Je pensais quant à moi qu'il s'agissait d'un genre de cote de maille, comme les gants de boucher,  logique non?  Logique, peut-être, mais surement très lourd....
En fait pas du tout.
Les faces avant des jambes  sont matelassées avec des fibres longues d'une composition spéciale très technique( plus chimique tu meurs),  fibres qui ont la particularité de se coincer dans la chaine de tronçonneuse et de la bloquer, en cas d'accident.  Ah. (j'en apprends tous les jours didon)
Matelassage qui est posé en nappe entre endroit et doublure du pantalon, mais qui est flottant si je puis dire (au contraire du quiltage cher aux patcheuses, soigneusement piqué sur toute la surface).
Et- c'est là que ça se complique-, il ne faut surtout pas piquer à travers ce matelassage, sous peine de lui voir perdre ses propriétés anti coupure. Pas question, notamment, de faire un ourlet, c'est écrit en toutes lettres sur la notice qui accompagne le futal.

L'ourlet, on s'en fout, vu les grandes jambes du fiston, mais bien entendu, il me l'a ramené.... troué! Oh un petit trou, résultat d'un échappement de tronco passé trop près.
Hum c'est bien joli les fibres modernes, mais bah oui ça craint un peu le (très) chaud.
Aïe bêtise!!!!!

Et là, pas question d'y aller en free-style selon mon humeur et les  matériaux du placard.
Il fallait que le travail soit propre et net, et surtout, garantisse toujours les propriétés techniques "anti-coupure".
J'ai donc téléphoné au magasin où a été acquis ce pantalon, expliqué le cas, demandé des précisions (la colle à tissu, on peut?) le responsable ne savait pas. Envoyé des photos (bonnes photos m'a-t'on bien précisé!) pour mesurer l'étendue des dégâts et la réparabilité de la chose.
Inutile de vous dire que de mon côté, j'ai longuement tourné et retourné le pantalon sous toutes ses coutures, pour voir comment je pouvais m'en sortir.....
Entre parenthèses, c'est un vêtement de qualité, bien coupé et très bien cousu, avec des finitions soignées, des coutures propres,  rien à voir avec la confection de prêt-à-porter (il y a des fabricants de jean qui pourraient s'en inspirer, moi je dis ça je ne dis rien, hein...)

Abandon de la solution "colle", et retour à l'option "couture".
Pas moyen de transiger, il faut ouvrir le fond de poche et passer entre toutes les épaisseurs.....
Heureusement, le pantalon est fourni à l'achat avec 2 échantillons de tissu, l'un  du tissu de fabrication et l'autre du tissu de rembourrage des genoux.
Ici c'est le tissu de fond qui m’intéresse -bi exensible- j’en ai un morceau de 10X10cm, autant dire que j'y vais à l'économie!
Après avoir nettoyé le trou (enlevé les bouloches de plastique fondu) et arrondi celui-ci , j'ai découpé un petit bout de l'échantillon et soigneusement bâti:

Et j'ai laissé reposer 2 jours (toujours la pression faut pas se louper!)
Puis piqué  au point de triple-piqure, à la fois extensible et solide.


J'ai hésité à "laisser comme çà" après tout, ça paraissait net.
Mais j'ai eu un peu peur que ça se déchire tout à côté.
Alors, hop deuxième passage:
Deuxième pièce à peine plus grande sur l'endroit
fini!
sur l'envers
Et sur l'envers:














C'est bien joli de passer par le fond de poche, mais c'est pas large du tout! Quand on y rajoute les épaisseurs de tissu/matelassage qu'il faut surmonter , en faisant surtout très attention de ne pas piquer ailleurs que là où c'est nécessaire,  on aboutit à une opération à la fois compliquée et minutieuse.
J'ai réellement bataillé, piqué à points très lents en faisant très attention de ne pas coincer la nappe anti-coupure dans ma couture, mais je crois que le résultat est correct.

Ouf!
Ne restait qu'à refermer le fond de poche proprement, et hop retour à l'envoyeur.

Malgré la pression, j'ai trouvé ce raccommodage cette réparation intéressante à faire, car elle m'a permis de découvrir ce que c'est que les fibres techniques, comment et à quoi elles peuvent servir dans la vie quotidienne.

Filo



2 commentaires:

  1. intéressante ton expérience! moi aussi je suis en pleines réparations en tout genre: fond de poche, bleu ignifugé, doublure déchirée etc. Mine de rien, ça occupe!

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  2. Ca occupe oh oui! Et pas aussi facile que ça en a l'air. La bataille pour remettre un zip sur jean, c'est kekchose!

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