mardi 3 février 2015

Le cas Aime comme Marie

Ce n'est pas mon habitude de prendre position ici, sur le blog, qui reste, rappelons-le, un espace public (à tout petit public certes, mais public tout de même.)

Mais voilà, en tant que couturière  amatrice ordinaire, je me sens bigrement concernée par le scandale qui secoue la blogosphère couturière.

Il apparait que 2 modèles de chemises, la chemise Aime comme mister, et le chemiser Aime comme mythique, de la créatrice Aime comme Marie, seraient des copies de modèles, un patron japonais pour l'un, et un Burda de 2009 pour l'autre.

Preuves à l'appui,  Biquette s'est fendue de plusieurs billets  détaillés pour expliquer et démontrer la chose.
partie 1:http://essais_erreurs.eklablog.com/this-is-not-a-love-song-1-3-les-mysteres-de-marie-a113976820
partie 2: http://essais_erreurs.eklablog.com/this-is-not-a-love-song-2-3-une-affaire-mythique-a114033200
partie 3: http://essais_erreurs.eklablog.com/this-is-not-a-love-song-3-3-la-copie-l-inspiration-le-travail-le-credi-a114033206
partie 4: http://essais_erreurs.eklablog.com/affaire-aime-comme-marie-les-temoins-sont-appeles-a-la-barre-a114377936

oui c'est copieux! Mais intéressant et instructif.

la réponse de Marie ici:http://www.aimecommemarie.com/2015/01/les-coulisses-daime-comme-marie.html

et pour d'autres points de vue, je vous renvoie au sujet qui a été lancé sur le forum Thread and Needle (dont je ne fais pas partie)

En dehors de la question du plagiat qui me choque grandement,  la question que je pose c'est "mais c'est quoi le but, la finalité?"
On est ici dans le monde du LOISIR,  en principe me semble-t'il les mots comme productivité et rapidité et autres marges bénéficiaires n'ont rien à y faire (oui je sais je vis au pays des bisounours, que voulez-vous)
L'entreprise ACM n'aurait pas eu à son catalogue les 2 patrons précités, en aurait-elle eu moins de fans? Aurait-elle risqué de mettre la clef sous la porte,  au motif qu'il FAUT impérativement avoir LA chemise dans des patrons? Point du tout.


Alors oui cette histoire me rend triste.
Mais aussi terriblement agacée, car la réponse a minima de Marie donne à penser qu'elle s'en moque un peu ("dites-en du bien, dites-en du mal, mais parlez-en")


Je rajoute ici le billet de Marie Poisson, très documenté et instructif, sur le jeu des 7 erreurs de dessin.
Parce qu'il semble bien aussi que certains des dessins de tissu soient également des  copies d'une banque de données; la question des droits étant très technique et fort compliquée, il est difficile d'avoir une opinion tranchée sans avoir tous les détails en main.
Plus on cherche, et plus on trouve (il y a de redoutables détectives parmi les couturières internautes!), bah oui on découvre des choses pas très reluisantes (comme l'affaire du sac , qui m'avait indignée déjà à l'époque: sérieusement, se dire "créatrice" et écrire noir sur blanc "honteusement copié", non mais?)
Moi qui milite contre le "photocopillage" fléau de la création en broderie au point de croix, j'en étais restée soufflée.



1) Cest-y possib',  Josiane?
Après avoir bien lu et relu les billets documentés de Biquette, je me suis posée la question de base: peut-être que c'est possible d'avoir dessiné un patron, et que vu le peu de différences entre une chemise et une autre, on puisse retomber sur les mêmes valeurs, courbes, modèles, d'un modéliste à l'autre?  -je n'y connais rien de rien en patronage, moi.
j'ai même demandé à une amie ancienne styliste son avis: la réponse est non décidément. Que ce soit patronage à plat ou sur mannequin, on ne PEUT pas retomber sur les mêmes dessins, il y a toujours des différences de tracés.
Ah.

2) qualité/quantité
 L'idée quand j'achète un patron indépendant, c'est que j'accepte de payer le prix fort, mais pour avoir un contenu de qualité, c'est à dire planche de patron claire, avec dessins bien nets, et lisibles, livret d'explication soigné, et même, soyons fou, un SAV assuré par la créatrice sur son blog, ou encore un Sew-Along pour m'aider à sortir des ornières (où je m'obstine à m'enfoncer).
Sinon, direction publications en kiosque, avec en chef de file l' inénarrable Burda qui pour moins de 7 euros, vous propose de vous rhabiller de la tête aux pieds, avec plusieurs dizaines de patrons dans un même magazine. (mais après pour les explications, tu te débrouilles Citrouille!)

Alors, comment ne pas se sentir floué quand on apprend que finalement,  ce patron (qui n'est pas si au top que ça, d'après les retours des clientes) bah, on l'avait déjà dans un bubu, suffisait juste de faire  une mise au point oculaire pour démêler les lignes des tracés.?
Comment ne pas regretter d'avoir mis sa confiance dans un créateur indépendant quand on apprend ça?
Nul doute que cette histoire fasse du tort à toute la profession, quoiqu'on en ait.


3) Aime comme Mélange des genres
Arrivée à ce stade ma réflexion, je me suis sentie mal à l'aise, parce que je pensais aussi à la personne qui est à la tête de tout ça, et pour qui ce n'est surement pas marrant.
Eh bien, figurez vous que je suis tombée dans le panneau (bam!)
Marie Gauthier,  en créant Aime comme Marie, a amalgamé son entreprise avec sa personne. C'est sûr qu'au niveau communication, c'est plus sympa, agréable, et personnalisé. D'aucuns la disent une gentille fille très souriante (il y a eu aussi d'autres sons de cloches).
Mais voilà en cas de grosse tuile, bah oui c'est elle (son image et sa personne) qui est en première ligne.
Alors oui c'est facile aussi de parler de "lynchage médiatique, acharnement"etc...
Mais difficile aussi de faire la part des choses, de débattre sereinement sans tomber dans le "c'est pas sympa pour elle".



4) de quoi tu t'mêles, Adèle
Bonne question, Léon.
Vraiment, j'ai hésité avant de publier ce message. Il a été refait  de fond en comble, plus d'une fois. Quelle est ma légitimité, dans la mesure où je n'ai jamais été cliente de ACM, dans la mesure où mes coutures restent sur mon dos et ne s'affichent guère sur mon blog?
Pourtant, en tant que couturière du dimanche,  j'estime avoir le droit d'être informée, et le droit de faire circuler l'information. Il est évident que ce n'est pas à moi  de juger, mais libre à chacun de se faire son opinion avec tous ces éléments.
Je pense être restée modérée dans mes propos, et non, je ne cherche ni la polémique, ni les grandes bagarres virtuelles.
Mais comme beaucoup de blogueuses, je ne peux pas rester indifférente à cette révélation.Je suis abasourdie, stupéfaite et déçue. Voire un peu écœurée par ce comportement pas digne d'une créatrice.


Alors, pour conclure, comme le remarque CLO, inutile de faire un amalgame, non tout n'est pas à jeter dans cette entreprise, je dirais même qu'il y va de notre intelligence de couturière et de personne de savoir faire une séparation entre les litiges et les créations Aime comme Marie.

Personnellement, j'ai toujours la volonté d'acheter -peu mais bien- des patrons indépendants,   et je continuerais à accorder ma confiance aux créatrices  indépendantes dont les patrons me plaisent.
Mais en même temps; je refuse aussi de faire l'autruche, de me taire au son de "bah de toute façon il ne se passera rien".
Je le sais, et je me fends d'un billet pour en parler. (tu parles d'un courage!)


Filo



6 commentaires:

  1. Ce genre de situation me gêne toujours un peu. La voix populaire n'est pas la plus juste. S'il y a préjudice, il appartient à la victime de saisir la justice et de faire valoir ses droits. Qui sommes-nous pour juger ? Et avec quels éléments, il n'y a pas eu d'instruction. Une réputation est si vite salie. Mais est-on certain d'avoir raison de la salir ? Et si on se trompait ? Je crois qu'il faut être prudent.
    Voilà pour mon point de vue. J'espère ne blesser personne en le donnant !

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    1. Non il ne s'agit pas de juger, on est bien d'accord que c'est à la justice de le faire.
      Mais en temps que cliente, on a un peu (beaucoup) le sentiment de s'être fait avoir, d'où mécontentement compréhensible.

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    2. Bonjour Filo, bonjour Alphonsine,
      Je me permets d'intervenir Filo.
      Non il ne s'agit pas de juger mais de poser des questions à Marie Gauthier au vu de ces éléments, et d'obtenir des réponses. Le problème c'est que les réponses obtenues (et effacées par la suite) étaient des nouveaux mensonges. Pour ce qui est des tissus, elle aurait pu dire qu'elle avait acheté ces motifs, mais ça revenait à admettre qu'elle avait menti en prétendant tout dessiner elle même.
      Mais si elle souhaite répondre à tout celà, nous l'écouterons avec attention.

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    3. En effet, Marie, je suis tout à fait d'accord. Il semblerait pourtant qu'il n'y aura pour toute réponse qu'un silence sidérant. Que son entreprise continue son chemin avec une belle indifférence.

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  2. bon ben comme tu sais je ne sais pas coudre, c'est un tracas de moins ;-)

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    1. En effet! C'ets une façon assez radicale de voir les choses! ;)

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