jeudi 19 mars 2015

Ma vie de couturière


En fouillant dans ma mémoire, j'ai commencé me semble-t'il à manier l'aiguille sous la houlette de ma mère, vers 5 ou 6 ans pas plus.(7 peut-être?)
 Il était question de broder au point de tige une pochette de serviette de table, dont le dessin représentait un couple d'oiseaux.
Ce dont je me souviens, c'est que ça n'a pas été une partie de plaisir oh non! Je ne suis même pas sûre d'avoir terminé l'ouvrage.
C'est de cette époque que date ma corbeille à ouvrage, Le cadeau de Noël, que je conserve précieusement et à laquelle je tiens énormément.


Mais je n'étais pas au bout de mes peines, puisque j'ai eu droit ensuite au collège aux cours de couture. (youpi)
J'ai dé-tes-té. Mais à fond.

J'ai des souvenirs d'engueulade  de la part de la prof , ouhlala.
Notamment, que je vous raconte, -et vous allez rire- il fut question de couper et coudre une  robe.  Je n'avais pas compris qu'il fallait couper le tissu en double (milieu dos).
Et forcément, aucun repère ne correspondait,  je m'énervais, je tentais de "faire comme si"; j'ai continué bravement mes coutures -à la main s'il vous plait, - malgré les réflexions de mes petites camarades (han mais c'est pas ça qui fallait faiiiiiiire) jusqu'au moment où la prof a fini par se rendre compte du problème. (elle y aura mis le temps, j'avais monté le devant et le semblant de dos, fait des fronces...) Non seulement la mauvaise note, mais la honte affichée devant toute la classe..... pédagogie quand nous tiens.....
Alors la couture, hein, on OUBLIE!

Je préférais lire, ça je faisais très bien. Et sans bêtises!

Allez savoir pourquoi, une fois mariée et munie d'enfants, j'ai déclaré qu'il me fallait une machine à coudre pour faire le raccommodage ( probablement parce que j'ai dû changer des fermeture éclair à la main et que c'est juste  horrible)
J'ai acheté à la maison de Valérie, (c'est amusant comme les souvenirs reviennent à mesure qu'on les évoque!) une machine mécanique répondant au doux prénom de Pickling.
Faute d'aide, je n'ai jamais vraiment su m'en servir correctement; peut-être également n'était-elle pas un foudre de guerre de couture.
Pourtant,  c'est avec cette espèce de marteau-piqueur, que nous avons cousu, ma belle-mère et moi, une belle collection de vêtements pour les enfants.

Là,  il est donc nécessaire de réhabiliter ma belle-mère que je daube et mets en boite, à longueur de billets (mais pour qui j'ai une réelle affection, faut pas croire!) car c'est elle qui m'a enseigné tout ce que je connais en  couture .
C'est elle qui était capable de tracer à main levée des patrons de salopettes pour les garçons,  des petites chemises, avec col, pied de col, poignets boutonnés avec fente, et les inénarrables costumes à col marin  si croquignolets.


Assez rapidement, la Pickling fut remplacée par une Husqvarna (à vos souhaits)qui  a bien tenu ses promesses. Pour tout dire, il m'est arrivé de m'en servir il y a peu pour coudre du cuir. Mécanique à bras libre (pas de plateau) point droit, zig-zag,  , et un moteur increvable. Comme ses cousines tronçonneuses.

Néanmoins, passé l'intermède couture pour babies, je me suis consacrée à la couture exclusivement "au carré"= taies d'oreiller, draps de lit, et nappes.

J'avais entre temps découvert la broderie, et c'est ce qui a fait le fond de mes loisirs pendant de longues années. J'y étais bien tranquille, apprenant toute seule dans mon coin, brodant un kit après l'autre, sans avoir d'échanges avec qui que ce soit. 1996,  le point de croix commençait tout juste à revenir à la mode, mes premiers journaux soigneusement conservés datent de ce moment.


Pourquoi et comment je suis revenue à la couture de façon si intensive, c'est encore la question que je me pose.....La chose s'est faite insensiblement, au moment où je suis arrivée à saturation du point de croix (il faut dire que j'ai été très active, voire militante, avec pour résultat paradoxal de ne plus trouver le temps de broder).
Grâce à Internet, mais aussi à toutes les connaissances nouées de ci de là, mon horizon créatif s'est élargi de 360°, et j'ai  admiré d'autres techniques, d'autres procédés, mais toujours autour du fil. La peinture et la colle, non beurk.
Ce qui explique d'ailleurs pourquoi je fuis  le cartonnage.
Mais le patchwork et la couture ont débarqué en force dans mes amours et mes placards.

Entretemps , Husqvarna avait cédé la place à Singer Futura 4000, une des premières électroniques avec qui j'ai des tas de souvenirs, notamment des bêtises que j'ai réussi à faire, genre coudre avec n'importe quel fil de bas de gamme ou des aiguilles (chinoises) totalement inappropriées.
C'est avec elle que j'ai lancé la mode qui a (au moins!) traumatisé mes garçons, du marquage tout azimut de tous les vêtements, car elle possédait un alphabet intégré.
Que je vous explique: 4 garçons = quasiment les mêmes tenues, en deux ou trois tailles différentes.
Et entre un jean taille 40 et le même taille 42, convenez que la différence est minime. Sauf pour les propriétaires, qui savent reconnaître leurs oripeaux à des marques invisibles pour le reste du monde.
Si bien que lassée de distribuer les pantalons dans les placards au petit bonheur, avec comme conséquences des drames tous les matins, j'ai fini par broder leurs prénoms sur la braguette intérieure, -surtout, que ça reste invisible, hein!-

C'était pourtant une idée originale et pratique, non?


Voilà qui nous amène à ces dernières années,  où je me retrouve aussi avec plus de temps pour moi, c'est à dire pour mes loisirs, où -époque de consommation aidant- je décrète que Futura  peut prendre sa retraite, et me voilà la très heureuse et fière propriétaire de Monumental Carolina, la big machine.
Je crois que j'adore mes machines à coudre, en fait. Je serais capable d'en parler pendant des heures.
 Et je suis admirative de ces personnes qui continuent à coudre sur les machines de leur grand-mère (ou arrière-grand-mère!) vous savez la vieille singer-à-pédale, increvable certes, mais très , heu.... basique.


Tout autant que la fierté de porter ce que j'ai su me coudre, j'apprécie le temps passé dans mon atelier, au calme et dans le silence, les difficultés rencontrées que je réussis à vaincre pour arriver au résultat final.
Et je me souviens avec amusement de ce couple chez qui nous étions passés mon mari et moi, un soir à 6 heures dans l'urgence ( 6 heures, heure critique entre toutes, les devoirs, les douches le repas les carnets à signer et les lessives urgentes d'affaires de sports pour le lendemain) et que madame nous expliquait qu'à cette heure-ci on la trouvait souvent dans sa chambre affairée à sa couture.
Et comme je l'enviais, tant il me paraissait impossible et irréalisable, qu'un jour moi aussi je puisse connaître le calme et la tranquillité le soir à 6 heures.....
Eh bien voilà on y est.
Qui l'eût cru?



Filo


Je repars pour au moins une semaine, mon accès internet sera limité.





2 commentaires:

  1. j'ai bien aimé te lire et que tu partages avec nous la naissance de cette passion (j'ai pour ma part exigé une machine à coudre, qui dort depuis bientôt 10 ans dans un placard, je ne sais même pas comment elle s'appelle ... Mère indigne !)... j'attends de voir tes prochaines réalisations pour tes petits enfants ...

    RépondreSupprimer
  2. Comme il est joli ce billet ! Et il me donne des idées pour marquer les pantalons. Chez moi aussi ça provoque des cris et des hurlements... Mère indigne qui confond les vêtements de ses enfants ! (il me manque la brodeuse...)

    RépondreSupprimer