lundi 20 avril 2015

Secrets de famille


Quand on est opéré de la cataracte, on est bien embarrassé pendant quelques jours pour se servir de ses yeux.

Que faire alors le soir? Ben on cause!
On s'installe au coin du feu, et on refait des veillées à l'ancienne. Sympa non?

C'est ainsi qu'on a exhumé "le mystère du grand-père."
Rapide topo familial:   (je fais partie des gens à grande famille)
Mes grands parents maternels étant déjà décédés depuis de longues années, je ne possède comme patrimoine grand-parental que celui de mon père,

Savoir: mon grand père Jean, ma grand mère Jeanne, nés tous deux au début du siècle dernier, ( vous ne manquerez pas de noter l'extrême originalité de leurs prénoms) et la mère de celle-ci, mon arrière grand mère, qui fut nommée souvent dans les histoires: "la grand-mère Louise"  car elle vivait avec sa fille et son gendre, et s'occupait avec amour et dévouement de ses petits-enfants.
Depuis toute petite, j'ai toujours entendu raconter des histoires familiales, de celles qui intéressaient principalement mon père et ses frères et sœurs (bagarres mémorables,  gamelle monumentale en vélo, les transhumances, le champ de foire, etc..)

Des racines familiales, on parlait surtout de ma grand-mère et de sa  famille, native de la montagne alpine et ayant tout son monde à portée de main, même au cimetière; eh oui, les racines ça passe aussi par ces endroits là!
 Ces gens-là avaient beaucoup d'humour, comme cet aïeul qui  confiait à ses contemporains que ses 7 fils avaient chacun leur sœur, laissant le soin à son interlocuteur d'en tirer la conclusion mathématique qui lui convenait.( 7 fils et 1 fille, ça fait bien 7 gars et "chacun sa sœur", mais ça ne fait jamais que 8 "zenfants").  Ça nous fait encore rigoler, à presque 2 siècles de distance.


De mon grand-père, breton "importé" dans le Dauphiné par son mariage avec ma grand-mère,  on connaissait peu de choses. Certes il nous racontait quelquefois des détails de sa jeunesse dans les landes,  de sa fameuse campagne "aux ognons", qui fut son premier et désastreux contact avec la mer; les bretons de la mer ne sont pas les mêmes que les bretons de la terre.
(Je sais de qui je tiens mon astronomique mal de mer!)
On savait aussi qu'il n'avait commencé l’école qu'à 7 ans, et que jusque là, il ne parlait que breton, comme tant d'autres de ses contemporains. 
Sa mère -mon arrière-grand-mère donc- faisait aussi partie du paysage auditif familial,  avait une réputation de personne peu commode à vivre, assez procédurière semble-t'il.
ON savait aussi, et Dieu sait si on nous en a rebattu les oreilles!, que mon grand père avait passé son bac philo avec la "modeste" note de 19, 3/4 .
Je vous rassure tout de suite, aucun de ses petits-enfants n'a réussi à s'en approcher. Moi-même avec un honnête 14, j'étais loin du compte!

C'est autour de la chronologie que le mystère épaissit: il a passé son bac en Picardie, bien loin de sa Bretagne natale donc (mais qu'allait il faire dans cette galère?) pourquoi comment?
Chez qui vivait-il,  au moins durant le temps de la guerre 14-18, puisque sa  mère  était aux armées?
De celui qui fut son père, et qui donna son nom à toute la lignée, on ne sait que le nom justement. IL n'apparait nulle part, ni en photo, ni en souvenirs, et encore moins au cimetière. La seule chose qu'on sache de lui (d'après mon père qui le tiendrait de son père) c'est qu'il serait mort alcoolique à Madagascar. (si c'est pas du scoop ça.)
On ne lui connait aucun lignage, c'est à dire aucun membre de sa famille, aucun écho de quelqu'un qui l'aurait connu, bref, sorti ex nihilo pour devenir l'époux et le père, et hop, disparition. Comme mon grand-père a eu une petite sœur,  le ménage a surement eu une existence réelle d'au moins deux ou trois ans....mais pour le reste, mystère mystère!

Mon grand père n'a jamais parlé de lui: ses enfant n'ont jamais osé l'interroger, et quant aux petits-enfants que nous étions, ces histoires-là ne nous intéressaient que modérément. On écoutait sagement, mais les détails mis dans l'ombre... y restaient!

Maintenant, (la vieillesse aidant!) je leur trouve bien du charme à ces histoires familiales,  elles sont le fil qui tisse la trame de la grande Histoire.


FIlo









2 commentaires:

  1. Comme j'aime moi aussi quand nous "déroulons le fil" avec mes grands parents !! Enfin chez nous ils n'ont pas fait philo, mais ils ont bien d'autres "anecdotes" et puis pour ce qui est de l'Histoire, nous avons un membre de la famille qui s'est chargé de refaire une très grosse partie de la généalogie, c'est super, même si ça ne livre pas certains détails bien croustillants ...
    Enfin la pièce du puzzle concernant ton arrière grand-père et qui manque dans ton histoire me titillerait fâcheusement ...et me laisse du coup sur ma faim !

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  2. Moi aussi, je suis sur ma faim. Mais je n'ai pas trop le temps maintenant de me pencher sur la question, il faudrait déjà remettre la main sur les livrets de famille, farfouiller dans les archives et contacter les services état-civil des mairies.

    C'est super d'avoir une partie de la généalogie de ta famille connue et répertoriée, rien que de connaître les naissances/mariages/décès de qui a constitué les racines de sa famille, c'est fascinant!

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