jeudi 17 décembre 2015

le zéro déchets

Voilà un billet pas du tout dans le ton de noel (mais est-on obligé de conjuguer noel tous les jours en décembre, je vous le demande?) mais qui me trotte dans la tête depuis un moment.
Mais comme je sens venir la polémique, je me retiens...
On verra bien...

La question de départ, vient de ce qu'à force traîner ma souris de droite et de gauche (et n'y voyez aucune allusion politique, sinon on ne s'en sort pas), j'ai découvert le "zéro déchet, ou anglais so chic= 0 waste.
Qué?

Ca veut dire qu'on apprend à se débrouiller pour ne plus remplir sa poubelle. Voilà.
Simple non?
Pas du tout évidemment, notre époque civilisation habitude mode de vie fait que nous pourrions faire des concours d'emballage inutiles, hélas.
D'où l'idée ou plutôt la croisade, de les supprimer.
Pas si facile que ça, on s'en doute.

L'idée vient d'Amérique, comme c'est original,  et la grande cheffesse du zéro waste s'appelle Béa Johnson (mais elle est française, d'Avignon même) .
Son blog c'est ici
Son livre c'est ça (en français)(évidemment j'ai cherché sur lamazone, mais je suis sûre que les libraires doivent avoir ça en stock)

Actuellement elle est lancée dans une  grrrrrande tournée mondiale etc etc.... (c'est bel et bien à la sauce américaine!)

Bon bon bon
J'ai dans la foulée lu beaucoup d'autres (blogs) qui s'y essayaient, avec beaucoup d'énergie.
Et c'est là que ça commence à me questionner.
C'est entendu, je comprends et mesure comme beaucoup je pense, l'étendue de la pollution,  et le gaspillage incroyable du fait de ce suremballage.
 Que chacun essaie de le limiter, ça me parait du bon sens.

Mais passer à la vitesse supérieure de 0 déchet, stadire,  faire en sorte que sa poubelle reste quasiment vide sur un mois (certains mesurent : 10l de poubelle incompressible/mois, 20l...) ça nécessite une énergie folle!

Prendre un panier pour aller au marché, c'est la base. J'en ai vu pour qui "mélanger les poireaux et les tomates" représentait le début de l'aventure, soit. Moi ça ne m'a jamais donné d'états d'âme.

Mais si on veut faire les choses  réellement sans déchets, ça complique la vie de façon assez  exponentielle.  Ca demande également d'avoir la motivation chevillée au corps, je vous mets au défi d'aller acheter de la viande et du poisson avec vos tuperoires et d'en revenir sans avoir rien à raconter.
Ca  exige d'avoir un réseau de commerçants qui vous connaissent et acceptent vos demandes,  donc ça limite également le choix des achats; ou alors il faut repasser en mode "normal" et accepter les emballages perdus?

Contrairement au régime alimentaire qui ne dépend que de soi, le zéro déchet implique de facto tout son entourage familial, voire social....
Bien joli de déclarer je fais mes yaourts, et pas d'emballage perdu, mais si votre petit dernier ne jure que les p'tis suisses à la framboise machin-chose,  va y avoir des étincelles dans la cuisine!
Et si vous supprimer les rasoirs jetables du chéri, pour les mêmes raisons, vous risquez
ou de vous retrouver avec un hérisson dans le lit , ou d'essuyer une tempête conjugale force 10... (l'un n'excluant pas l'autre, d'ailleurs)

Un autre argument avancé souvent, c'est le fait que la suppression des emballages oblige à redécouvrir la cuisine faite maison , plus économique et plus savoureuse.
(C'est un peu enfoncer une porte ouverte pour moi. En fait non, tout dépend de sa génération et de son lieu de vie. Forcément)

Au bout  du compte, et c'est là que je me questionne, est-ce que c'est "valable"? Est-ce que le temps passé -que dis-je, dépensé!- à traquer l'Emballage Perdu, à prêcher sa famille (et ses amis) à mettre en place des systèmes alternatifs pas forcément simples,  redonne ou redistribue ailleurs un autre "plus"?
Est-ce qu'à un moment on ne se lasse pas de faire "différemment" , est-ce qu'on ne lâche pas prise une fois ou l'autre?
Est-ce qu'on n'enrage pas  une fois ou l'autre, au vu du montant des impôts locaux, alors que justement avec tous les efforts qu'on fait, on a l'impression de payer pour les autres?

N'y voyez aucun sarcasme de ma part, ce sont des interrogations qui me traversent l'esprit; certaines habitudes citadines me sont totalement étrangères (commander une pizza un dimanche soir? mais quelle étrange idée!) et du coup, le sort du carton à pizza ne m'émeut pas plus que ça . En revanche, les légumes emballés, mais pour quoi faire, grandieu?
Et quant au jambon qu'on ne trouve plus à la coupe dans les supermarchés, ça m'agace copieusement. M'enfin je ne peux pas élever un cochon dans mon jardin juste pour avoir du jambon, non?

Et l'idée que si on veut honnêtement vivre en limitant/supprimant ses déchets, on doive passer par la filière "bio" quasi exclusivement, me gêne.  D'abord je n'ai pas les moyens de faire "tout bio" et ensuite, j'aurais un peu l'impression de basculer dans une espèce de clan "bio-écolo".

Pour discuter encore:
cette vidéo en anglais d'une petite ville japonaise qui s'est mise au zéro déchet (34 poubelles différentes! Même pas peur)
 D'autres blogs qui parlent/pratiquent le  zéro déchet:
-ilselajoue.fr
-esprit cabane
-tendance radis 

Bon, il en existe pas mal d'autres, il suffit de demander à votre ami Glouglou.....


Filo




6 commentaires:

  1. Ce qui me gêne, ce n'est pas le principe du zéro déchet, mais le remplacement par quelque chose qui n'est pas forcément plus écologique. N'avoir qu'une seul soutien-gorge et le laver tous les soirs à grandes eaux est plus dépensier en eau précieuse que de remplir une machine à laver (parce qu'elle est dans le minimalisme pour ses vêtements aussi). Laver tous ses tups est-ce bien plus écologique que le papier qui emballe la viande ?
    De même, et pour élargir le débat, produire de l'électricité solaire ne donne pas de réponse quant aux plaques photo-voltaïques et leur recyclage postérieur. Lorsque nous avons voulu faire ce choix, les poseurs ont été assez clairs sur la question : ce n'est pas recyclable, et bien pire, les matériaux utilisés pour les fabriquer sont absolument anti-écologiques.
    Alors, que chacun fasse un effort, je suis la première à le faire : 50 litres tous les 10 ou 15 jours pour 6 personne, c'est un bon début.
    Mais comme toi, ça me pose plus de questions que ça n'en résoud !

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    1. En effet, et les questions partent un peu dans tous les sens. LE point positif, au moins, c'est qu'on se les pose, ces questions, on ne consomme pas (ou plus) bêtement. Y apporter LA bonne réponse, c'est une autre affaire!

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  2. He bien moi, j'ai sous le coude mon histoire du colibri et j'essaie vraiment de limiter les dégâts en limitant MES dégâts, cette Béa Johnson m'inspire depuis la première heure, il y a sans doute du bon et du moins bon mais j'adhère quand même à sa démarche, ainsi qu'à ce que préconise Dominique Loreau dont j'avais parlé ici http://cabicheaunid.blogspot.fr/2014/03/le-minimalisme_28.html.

    Merci pour les pistes que tu proposes, je vais aller y jeter un œil ! (histoire de me perfectionner !)

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    1. Oui tout à fait, on essaye de faire du mieux qu'on peut à son niveau et avec ses habitudes; et c'est uen bonne chose de pouvoir lire des témoignages et des questionnements ailleurs.

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  3. je pense que c'est l'arbre qui cache la forêt pour rester dans la métaphore écolo, mais c'est un bon début! ça signifie qu'on est dans cette démarche-là, et ma foi, on n'est pas obligés d'être extrémiste.

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    1. Heureusement non! Mais j'ai quelquefois l'impression de faire le grand écart entre ce qu'on vit maintenant,(l'hyper-consommation et le gaspillage) et mon éducation d'une époque pas encore consumériste qui gardait tout,économisait, avait encore des vêtements du dimanche et des vêtements de tous les jours....

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